Forum-emploi

Friday, February 17, 2006

Emploi. Quand le gouvernement choisit de dévaloriser le travail

étudiant, Nantes
(Loire-Atlantique).
Les organismes d’assurance chômage ne jouent pas toujours leur rôle et contribuent à déséquilibrer un marché du travail assez morose. Un bon ami m’a ainsi raconté son histoire. Licencié économique depuis la rentrée 2005, ses deux années d’ancienneté dans l’entreprise qui l’employait lui ont permis de recevoir des aides de la part des Associations pour les emplois dans l’industrie et le commerce (ASSEDIC). Cependant, l’inactivité n’étant pas son fort, il a décidé de reprendre du travail en tant qu’intérimaire, effectuant quelques missions ponctuelles commandées par son nouvel employeur. Seulement, le système d’assurance chômage ne l’a pas vu de cet oeil. Il existe en effet une loi qui décrète l’obtention d’un salaire minimum pour percevoir des aides. Cela paraît assez logique, cependant, au niveau pratique, cette loi oblige à ne pas percevoir plus de 70 % du salaire brut que l’on percevait dans son ancien emploi. Mon ami ayant travaillé une ou deux heures en plus sur un mois par rapport à cette limite s’est alors fait surprendre. N’ayant pas été mis au courant de cette réglementation, il a seulement reçu un avis des ASSEDIC lui demandant le remboursement des indemnités qu’elles lui avaient versées en tant que complément de salaire pour le mois où il avait « trop travaillé ». Un conseiller joint par téléphone lui a expliqué que, s’il n’était pas d’accord, le versement de ses aides serait tout bonnement interrompu. Mon ami lui a alors rétorqué que le système était défaillant et encourage les chômeurs à ne pas retrouver d’emploi. Lui-même, s’il n’avait pas travaillé durant ce mois, aurait perçu plus d’allocations que le montant de son salaire ! À cette remarque, on lui a répondu que, « vu son âge (vingt-deux ans), il n’allait pas changer le système ». Le gouvernement veut réduire le chômage en encourageant financièrement les personnes en recherche d’emploi à ne pas retrouver de travail... Pour parfaire ce système,
il lance maintenant les contrats première et nouvelles embauches en encourageant les patrons à traiter les jeunes comme des salariés bon marché et modulables à souhait. L’absence d’emploi est un des facteurs d’exclusion les plus importants. Le gouvernement, lui, n’hésite pas à le brader et à le dévaloriser.

Benoit Puichaud,
www.humanite.presse.fr

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